Ce soir encore je me suis retrouvée seule dans mon appart à Alençon, les lumières tamisées, un verre de vin rouge à moitié bu sur la table basse, et cette chaleur entre les cuisses qui refuse de partir. J’ai tourné en rond deux heures. J’ai ouvert mon téléphone, refermé, rouvert. Et là j’ai décidé de poser ces mots quelque part, sur ces annonces rencontres black où les gens sont au moins honnêtes sur ce qu’ils veulent.
Moi c’est Manuela. 28 ans. Antillaise, ronde, les cheveux noirs qui tombent sur les épaules, une bouche qui sait exactement ce qu’elle veut faire quand elle trouve enfin le bon homme en face d’elle. Je suis pas du genre à tourner autour du pot. Je veux un rendez-vous, je veux qu’on baise, je veux rentrer chez moi avec ce sourire fatigué et satisfait que j’ai pas eu depuis trop longtemps.
Ce que je fantasme en ce moment c’est un drag. Un homme qui sait s’habiller, se transformer, qui joue avec les codes, qui a cette liberté dans son rapport à lui-même. Quelque chose dans ça m’allume depuis longtemps et je l’ai jamais vraiment vécu. J’imagine ses mains sur moi, le contraste entre ce qu’il porte et ce qu’il est, cette tension bizarre et excitante que ça créerait dans une chambre.
Je cherche un homme. Un seul. Pas un groupe, pas des complications. Quelqu’un qui lit cette annonce et qui ressent quelque chose dans le ventre parce qu’il comprend exactement ce que je décris. On se retrouve, on voit si ça colle en vrai, et si le courant passe on passe la soirée ensemble à faire ce qu’on avait envie de faire depuis le début.
Je réponds aux messages sérieux. Pas aux photos floues envoyées sans un mot.